Tim Robbins, ses coups de coeur cinéma
Acteur fétiche de Robert Altman, mais également réalisateur (Bob Roberts, La Dernière marche) et désormais chanteur, Tim Robbins partage ses coups de coeur cinéma sur le MAG VoD. Et comme toujours, avec le sourire.
Acteur américain qui pèse, on pense à « Top Gun » (de Tony Scott, 1986) ou à « L’Echelle De Jacob » (« Jacob’s Ladder », d’Adrian Lyne, 1990) sans oublier « La Guerre Des Mondes » (« War Of The Worlds » de Steve Spielberg, 2005), Tim Robbins s’est mis en tête de sortir un disque. Un rêve qu’il entretenait depuis longtemps, au moins depuis ce film « Bob Roberts » (Tim Robbins, 1992), dans lequel il interprétait un répertoire original jamais édité.
A l'occasion de la sortie de son premier album, l’acteur américain nous a accordé un peu de son temps et revient sur ces films qui l’ont vu grandir. Une exclusivité le Mag VoD.
Quels sont vos premiers souvenirs de cinéma, quels sont les premiers films qui ont compté ?
Il y a deux films que je me souviens avoir vu en tant qu’enfant. Le premier était The Love Bug (« Un Amour De Coccinelle » de Robert Stevenson, 1968) un film de la firme Walt Disney ou l’histoire de Herbie, la Wolkswagen complètement indépendante me semblait incroyablement drôle. J’avais une dizaine d’années et j’ai adoré ce film, je sais qu’ils en ont refait un remake il n’y a pas très longtemps, (« Herbie : Fully loaded » soit « La Coccinelle Revient d’Angela Robinson, 2005) mais je préfère garder mes souvenirs intacts.
Et l’autre film est How The West Was Won (« La Conquête De L’Ouest » de John Ford, 1962). Je m’en souviens vraiment très très bien car à travers plusieurs épisodes c’est toute l’histoire des Etats-Unis qui défile, je serais pour qu’on le regarde en classe tellement c’est passionnant. En tout cas quand tu es enfant, c’est merveilleux, je ne trouve pas d’autre mot.
Votre film culte ?
Sans hésiter Undercover Cop de Mike Cuesta, j’ai tourné dedans j’avais 9 ou 10 ans et j’en avais perdu toute trace, je n’ai retrouvé une photo que très récemment, c’est celle qui illustre mon CD. C’est moi au centre avec un glaive et un bouclier. L’histoire est une satire de la guerre du Vietnam il est complètement invisible et n’a jamais été réédité.

"C’est incroyable ce que la musique peut provoquer, les souvenirs que ça peut vous rappeler, peut-être plus que les images"
Quelle a été votre plus récente émotion cinéphile ?
Cette année, je regardais le film Fantastic Mr. Fox (Wes Anderson, 2009), j’étais assis avec mes deux garçons, et une chanson est venue. J’étais sous le choc, il n’y a pas d’autre mot. C’était une chanson qui revenait direct de mon enfance et je m’en souvenais alors que je ne l’avais pas entendue depuis mes 4 ans. Cette chanson s’appelle "Buckeye Jim" c’est un certain Burl Ives qui la chantait, c’est une très très vieille chanson folk. Et juste en entendant cette chanson dans ce film, j’avais une vision très nette de mon enfance, j’avais l’impression de revivre toutes ces émotions, presque un demi-siècle plus tard. C’est incroyable ce que la musique peut provoquer, les souvenirs que ça peut vous rappeler, peut-être plus que les images. J’ai grandi dans cet environnement folk, mon père chantait dans un groupe, les Highwaymen, c’est la musique qui m’a nourri étant enfant. J’ai vu les Highwaymen plusieurs fois sur scène, et j’ai rencontré plusieurs chanteurs folk de l’époque comme Tom Paxton parce qu’ils étaient ses amis.
Votre père a-t-il joué dans des films ?
Il fait des apparitions dans Bob Roberts (Tim Robbins, 1992), Dead Man Walking (« La Dernière Marche » de Tim Robbins, 1995), Cradle With Rock (« Broadway 39ème Rue » de Tim Robbins, 1999,) mais à l’époque, dans les sixties, il n’a joué que dans des comédies musicales (« The Sound Of Music », « Kamelot »…), elles n’ont malheureusement pas été filmées.
Vous qui êtes acteur et qui sortez aujourd’hui un album, que pensez-vous de la démarche inverse, de ces chanteurs devenus acteurs ? Je pense à Bob Dylan.
Je ne pense pas que Bob Dylan puisse être un acteur à mes yeux, sa musique est trop importante. Je n’ai vu aucun des films dans lesquels il jouait un rôle comme « Masked And Anonymous » (de Larry Charles, 2003) ou « Pat Garrett & Billy The Kid » (de Sam Peckinpah, 1973), uniquement les films dans lequel on le voit jouer et où on l’entend chanter comme The Last Waltz (de Martin Scorsese, 1978) ou No Direction Home : Bob Dylan (de Martin Scorsese, 2005).
En fait il n’y a que Tom Waits à mes yeux qui parvienne à maîtriser les deux genres à la perfection, qui est un grand chanteur-musicien mais également un grand acteur. J’aime presque tous ses films One From The Heart (« Coup De Cœur » de Francis Ford Coppola, 1982), Short Cuts (Robert Altman, 1993), Dracula (Francis Ford Coppola, 1992)... Il joue bien dans Dracula non ? J’aime le découvrir au cinéma, il a un talent inné pour incarner tous ces personnages et sa palette est immense.

" j’aime cette expérience de m’asseoir et de ne rien faire d’autre que de rire en regardant un film"
Est-ce qu’il y a des films que vous regardez régulièrement ?
L’un de mes films préférés de tous les temps c’est Casablanca (Michael Curtiz, 1942), l’histoire est extraordinaire et les acteurs également, Humprey Bogart et Ingrid Bergman. A chaque fois que je le revois je me laisse prendre, j’aime beaucoup ce moment où`ils chantent "La Marseillaise". Pendant les fêtes de fin d’année, j’aime aussi regarder It’s A Wonderful Life (« La Vie Est Belle » de Frank Capra, 1946,) ce film est devenu un classique de la période de noël parce qu’il est régulièrement programmé à la télé et quand je suis chez moi j’en profite. J’aime tellement ce film que je peux le regarder encore et encore. Je pense aussi à My Man Godfrey (« Mon Homme Godfrey » de Gregory La Cava, 1936) avec Carole Lombard, c’est un film très drôle. Désolé je n’ai pas de classiques plus récents à te proposer, je vais peu au cinéma depuis une vingtaine d’années, peu à vrai dire. Je travaille beaucoup et je n’ai pas le temps, lorsque je travaille sur un nouveau projet, comme en ce moment, sur l’histoire de Jamestown Colony j’ai un énorme travail de recherche à faire, et ça me prend tout mon temps.
Qu’est-ce que vous aimez au cinéma ?
J’aime quand le scénario est bon et qu’il y a de bons acteurs, j’aime les histoires personnelles, je n’aime pas la violence surtout lorsqu’elle vise des enfants ou des adolescents. Je déteste ça au point de sortir de la salle de projection, pour moi ce ne sont rien d‘autre que des films manipulateurs qui exploitent la faiblesse des gens. Sinon j’aime énormément les comédies, un film comme Step Brothers (« Frangins Malgré Eux » d’Adam McKay, 2008) me fait hurler de rire. C’est très drôle, on passe un bon moment, c’est aussi ça le cinéma, Will Ferrell et John C.Reilly sont parfaits dans ce film. Je l’ai regardé avec mes enfants il y a quelques mois et l’on n’a cessé de rire du début à la fin, j’aime cette expérience de m’asseoir et de ne rien faire d’autre que de rire en regardant un film. Hélas je n’en ai pas souvent le temps.
On n’a parlé que de films américains, n’auriez-vous pas un dernier choix plus européen ?
Le premier film qui me vienne à l’esprit, le Molière d’Ariane Mnouchkine (1978), c’est un film qui dure plusieurs heures, et j’avoue ne pas l’avoir vu depuis sa sortie, mais j’en garde un souvenir incroyable. Dès que j’en ai l’occasion je le regarde à nouveau.
Article pour lemagvod.fr publié le 5 octobre 2010
Depuis une quinzaine d’années, Christian Eudeline écrit sur la société qui l’entoure par le prisme de la musique, dans la presse (à VSD en priorité) sur des sites (SFR) et participe à des émissions télé (CDaujourd’hui sur France 2). Il a co-réalisé un 52 minutes sur la disparition d’Alain Kan (diffusé sur 13ème Rue), assuré de nombreuses rééditions de disques (de l’intégrale Jacques Dutronc aux meilleurs de Starshooter, Charlots, Martin Circus, Frenchies, Edith Nylon, bientôt Elli & Jacno) et a commis plusieurs livres : « Nos Années Punks » (Denoël), « Anti-Yéyé » (Denoël), « Le Rock Gothique » (Fetjaine), « Hard-Rock » (Hors Collection), « Michel Polnareff Le Roi Des Fourmis » (Eclipse)… Bientôt les souvenirs de Little Bob qu’il a mis en forme sortiront chez Denoël.










