Harry Potter
Pauvre Harry Potter… déjà six films en vod, le septième au cinéma, et au moins autant de sortilèges et créatures à affronter, encore.

Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et la chambre des sorciers, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu, Harry Potter et l’ordre du phénix, Harry Potter et le prince de sang mêlé : voilà en VOD de quoi reprendre par le début une aventure qui n’est pas seulement celle d’un gamin aux prises avec les forces du Mal et les faiblesses du Bien, les devoirs de sorcellerie et les poussées d’hormones.
Tentons le coup de regarder à la suite les six premiers volumes de la série, ce qui fait déjà plus qu’une nuit blanche : ce qui défile, c’est bien sûr la-plus-populaire-saga-du-début-du-XXIe-siècle et un bon Dieu de phénomène-culturel-planétaire, comme on dit dans Télérama.
© Warner Bros France Harry Potter à l'école des sorciers (2001) |
Avec les livres, puis surtout avec les films, on n’a plus entendu que les spécialistes de l’économie de la culture, on n’a plus parlé que des queues attendant des nuits entières la première séance du lendemain, de la fortune de JK Rowling, des bénéfices énormes de Warner Bros, de l’icône planétaire Daniel Radcliffe… Puis, comme pour mémoire, quelques remarques rapides sur les films. Mais de préférence en micro-trottoir, avec un petit minois de huit ans que son papa tient par la main et qui dit « c’est très bien mais ça fait peur ».
Eh bien oui, Harry Potter, ça fait peur. Des apparitions, des cauchemars, des créatures, des hurlements, des brumes, des ricanements, et puis encore des apparitions, des cauchemars, des créatures, des hurlements, des brumes, des ricanements. Parfois, on frissonne (comment va-t-il s’en sortir ?), parfois on soupire (eh, Harry Dugland, ouvre la porte du placard !) et souvent on se demande comment il n’a pas attrapé de cheveux blancs, des rides de vieillard, une mentalité d’ancien combattant.
Année après année, on voit Daniel Radcliffe prendre juste un peu d’âge mais rester aussi lisse, souriant, doux, naïf. Mais, avec ce que vit Harry Potter, il devrait depuis longtemps avoir le facies bouffi et ravagé de Philippe Torreton à la fin de Capitaine Conan ! Mais on a tellement pris l’habitude de penser au compte en banque de Daniel Radcliffe qu’on en a oublié tout ce que subit Harry Potter. Il y a tellement de pognon qu’on n’entend plus que ces sortilèges font souffrir. Pourtant, ce pauvre Harry Potter…
Article pour lemagvod.fr publié le 24 novembre 2010
Depuis une quinzaine d’années, Bertrand Dicale écrit sur la culture populaire dans la presse (longtemps au Figaro, notamment), en parle à la radio (notamment « Le Fou du roi » et « Système disque » sur France Inter) et coréalise des documentaires. Il a également publié des ouvrages de référence sur Serge Gainsbourg, Louis de Funès, Juliette Gréco ou le Printemps de Bourges, ainsi que plusieurs livres sur l’histoire sérieuse ou anecdotique de la chanson française.











Il est trés bien le film.