Les Chats Persans
Les Chats persans, un film sauvage calibré pour la Saint Sylvestre… Du moins, c’est un certain 31 décembre 2009 que j’ai eu le plaisir d’illuminer les douze coups de minuit d’une bonne dose d’humour et de tragédie orientales. Un des meilleurs réveillons depuis longtemps !

Le pitch : au cœur de Téhéran, à leur sortie de prison, deux jeunes musiciens tentent de monter un groupe de rock afin de partir en tournée à l’étranger. Mais que faire sans argent ni passeport ?
Filmée comme un documentaire, cette quête d’un sésame pour l’Occident sillonne l’underground de la capitale iranienne, avec son lot d’absurdité et d’angoisse qui définit tous les régimes totalitaires. La dictature religieuse des Mollahs ne fait pas exception à la règle.
Rock, Perse et Police
© Mars Distribution Negar et Ashkan - Les Chats Persans (2010) |
Pourtant, l’espoir que fait naître ce film est ailleurs. Quels que soient les régimes politiques, l’utopie de la jeunesse n’a pas de frontière. De Téhéran à New York, de Berlin à Bombay, de Pékin à Moscou, il existe un âge où tout le monde se ressemble et n’a qu’une seule envie : concrétiser ses rêves de gosse. Cela dure quelques heures (ou toute la vie !) et ressemble fort aux moments de grâce où tout semble possible.
Pour Negar (une jeune femme toujours étonnée de l’absurdité du monde qui l’entoure) et Ashkan (un jeune homme à la recherche de la meilleure solution pour s’en sortir), le graal est synonyme de musique. Et au-delà des difficultés clandestines liées aux contextes (jouer de la musique est interdit !!!), on s’aperçoit rapidement que les galères pour monter un groupe sont les mêmes un peu partout dans le monde : trouver le copain batteur qui partage la même motivation, dispose d’une salle de répétition, ait un instrument digne de ce nom, etc.
Un bon son brut pour...
C’est l’occasion pour le metteur en scène Bahman Ghobadi de partir à la rencontre des scènes Métal, Funk, Hip Hop, Pop, Folk et Rock de Téhéran. La richesse et le talent de tous ces musiciens signent un autre point commun avec le reste de la planète : à Téhéran comme ailleurs, le flow des rappeurs est prolétaire et banlieusard, les riffs du Métal un peu provinciaux et l’utopie pop affaire de fils de bonnes familles. Des clichés rassurants que traverse l’éternel impresario filou et douteux (mais néanmoins indispensable) toujours à la recherche du meilleur concert et du bon plan définitif qui doit - enfin - révéler le groupe.
© Mars Distribution Désert de tas de sable - Les Chats Persans (2010) |
Les Chats persans, c’est tout cela à la fois : un quotidien ordinaire dans un contexte politique extraordinaire. La magie du film repose sur cette opposition et une bande son à couper le souffle interprétée en grande partie par le groupe (Take It Easy Hospital) des deux acteurs principaux.
Mais le plus surprenant est encore que le film ait été tourné clandestinement en 17 jours. C’est en effet le temps qu’il restait à Negar et Ashkan avant de quitter définitivement l’Iran.
Aujourd’hui installés à Londres, les deux musiciens vivent de leur musique et doivent sûrement avoir déniché la meilleure section rythmique « du monde » pour les accompagner !
Article pour lemagvod.fr publié le 25 août 2010
Discret de nature, Hervé n'est pas très "mini-bio". Il est pour autant notre super consultant - guru éditorial ; et avec plus de 20 ans d'expériences dans la presse et les contenus, nous nous appliquons à l'écouter...









