Wall Street
Une "séquel" au cinéma, le verdict du procès Kerviel très attendu... L'argent ne dort jamais ! Le Wall Street de Gordon Gekko nous l'expliquait déjà en 1987

Alors que sa suite s’annonce sur les écrans, retrouver Wall Street d’Oliver Stone vingt-trois ans après sa sortie donne à la fois l’impression de retrouver un bon polar social old style en même temps qu’un document sur une époque curieusement candide.
Pourtant, que n’a-t-on dit en 1987 sur Gordon Gekko, le raider cynique, amoral et séduisant incarné par Michael Douglas ! Il est vrai qu’il ressemble aux sombres héros de l’époque (Michael Milken, Ivan Boesky, Carl Icahn, Edward Pressman) qui incarnent le triomphe d’une cupidité sans limites.
Une partie de l’opinion américaine est à l’époque scandalisée par ces hommes qui raflent en bourse le capital d’une entreprise en difficulté et réalisent des plus-values colossales en liquidant ensuite leurs actifs sans considération pour les milliers de suppressions d’emplois qui en résultent.
© 20th Century Fox Gordon Gekko empereur de Wall Street - Wall Street (1987) |
Pour beaucoup de dollars de plus
Dans Wall Street, Gekko prend sous son aile le jeune Bud Fox (Charlie Sheen) chez qui il sent un talent d’aventurier de la finance. Il lui expose son idéal, son éthique, son horizon : le profit, le profit, le profit… L’apprenti raider est un élève docile jusqu’à ce qu’il découvre que son maître va acheter – et donc anéantir – la compagnie aérienne dans laquelle travaille son père…
Que le méchant perde à la fin du film n’empêche pas que Gordon Gekko devienne une icône. En cette fin des années 80, l’industrie n’a plus aucun glamour pour les jeunes diplômés américains, qui adoptent les costumes, les poses et le discours de ce financier retors et froid.
En voulant dénoncer les dérives de la finance, Oliver Stone donne aux yuppies qui peuplent le vrai Wall Street un maître à penser. Et les turpitudes de la finance dénoncées par Wall Street apparaissent aujourd’hui comme le prélude naïf et presque enfantin des pratiques contemporaines. Aucun scénariste n’aurait osé proposer une histoire comme celle des subprimes…
Article pour lemagvod.fr publié le 30 septembre 2010
Depuis une quinzaine d’années, Bertrand Dicale écrit sur la culture populaire dans la presse (longtemps au Figaro, notamment), en parle à la radio (notamment « Le Fou du roi » et « Système disque » sur France Inter) et coréalise des documentaires. Il a également publié des ouvrages de référence sur Serge Gainsbourg, Louis de Funès, Juliette Gréco ou le Printemps de Bourges, ainsi que plusieurs livres sur l’histoire sérieuse ou anecdotique de la chanson française.










